En bref

Toute station de lavage auto est soumise à la nomenclature ICPE rubrique 2930 (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement). Selon le volume d'activité, vous déposez une déclaration, un enregistrement ou une demande d'autorisation en préfecture. Les obligations portent sur quatre piliers : traitement des eaux usées (séparateur d'hydrocarbures NF EN 858-1 obligatoire), urbanisme (permis de construire, plan de circulation), environnement (autorisation de déversement, contrôle des rejets) et accessibilité PMR. Le non-respect expose à des amendes jusqu'à 75 000 € et à la fermeture administrative.

Cadre ICPE : déclaration ou autorisation ?

La rubrique ICPE 2930 ("lavage, nettoyage de véhicules automobiles") classe toute station de lavage selon son niveau d'activité. Ce classement détermine l'ensemble des obligations administratives, environnementales et d'exploitation. Il est défini par le décret n° 2010-369 du 13 avril 2010 et codifié à l'annexe de l'article R. 511-9 du Code de l'Environnement.

Régime D — Déclaration
Moins de 150 véhicules/jour
Procédure la plus simple. Dépôt d'un formulaire Cerfa en préfecture avant ouverture.
  • Formulaire Cerfa n° 15275*01
  • Récépissé de déclaration à conserver
  • Respect des prescriptions générales de l'arrêté du 2 février 1998
  • Contrôle périodique tous les 5 ans par un organisme agréé
  • Débourbeur-déshuileur obligatoire
Régime E — Enregistrement
150 à 500 véhicules/jour
Procédure intermédiaire. Instruction par la préfecture avec consultation du public.
  • Dossier d'enregistrement complet (techniques, plans, mesures environnementales)
  • Délai d'instruction : 5 à 7 mois
  • Arrêté d'enregistrement individuel
  • Suivi des émissions dans l'air et dans l'eau
  • Registre d'exploitation obligatoire
Régime A — Autorisation
Plus de 500 véhicules/jour
Procédure lourde. Enquête publique obligatoire, arrêté préfectoral individuel.
  • Étude d'impact environnemental
  • Enquête publique (minimum 15 jours)
  • Délai d'instruction : 12 à 18 mois
  • Arrêté d'autorisation avec prescriptions individuelles
  • Inspection ICPE régulière par la DREAL
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Qui consulter en amont ?Avant tout dépôt de dossier, une consultation préalable de la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) est fortement recommandée. Elle permet de clarifier le régime applicable, d'identifier les contraintes locales et d'anticiper les points de blocage.

Les étapes clés pour ouvrir une station

ÉtapeDémarcheInterlocuteurDélai moyen
1. Vérification du terrainConformité PLU, zone d'activité autoriséeMairie / PLU2 – 4 semaines
2. Permis de construireDépôt du dossier PC avec plans architecteMairie2 – 3 mois
3. Dossier ICPEDéclaration, enregistrement ou autorisation selon seuilPréfecture / DREAL1 – 18 mois
4. Autorisation de déversementRaccordement au réseau d'assainissementMairie / syndicat eaux1 – 3 mois
5. ImmatriculationCréation de la structure juridique (SIRET, RCS)Greffe du tribunal1 – 2 semaines
6. Assurance professionnelleRC Pro, multirisque, perte d'exploitationCourtier / assureur1 – 2 semaines
7. OuvertureAffichage des consignes, registres, signalétique PMRExploitantJ-7 à J
Texte de référence ICPE

Arrêté du 2 février 1998 relatif aux prélèvements et à la consommation d'eau ainsi qu'aux émissions de toute nature des installations relevant du régime de l'autorisation, modifié en dernier lieu par l'arrêté du 24 août 2017. Codifié au Code de l'Environnement, articles L. 512-1 à L. 512-21 pour les autorisations et L. 512-8 à L. 512-11 pour les déclarations.

Eau : rejets, déversement et séparateurs d'hydrocarbures

C'est le pilier le plus contraignant de la réglementation. Les eaux de lavage sont chargées en hydrocarbures, métaux lourds, détergents et particules abrasives. Leur rejet sans traitement est une infraction pénale.

Les trois régimes de rejet

Type de rejetTexte applicableObligation principaleSeuil de qualité
Réseau d'assainissement collectifArt. L. 1331-10 Code Santé PubliqueAutorisation de déversement obligatoire (mairie ou syndicat intercommunal)Arrêté de raccordement individuel
Réseau industrielArt. R. 211-60 Code EnvironnementConvention de déversement + traitement préalable prouvéHydrocarbures < 10 mg/L
Milieu naturel (rejet direct)Art. L. 211-1 et L. 432-2 Code EnvironnementAutorisation préfectorale distincte + traitement completMES < 35 mg/L · DCO < 125 mg/L
Article L. 1331-10 — Code de la Santé Publique

Tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans le réseau public de collecte doit être préalablement autorisé par le maire. Cette autorisation fixe les conditions dans lesquelles sont admis ces déversements, et notamment les caractéristiques que doivent présenter ces eaux pour être reçues.

Article R. 211-60 — Code de l'Environnement

Sont soumis aux dispositions de la présente section les rejets de substances nocives susceptibles d'altérer la qualité des eaux superficielles ou souterraines. Les eaux de lavage contenant huiles de moteur, métaux lourds (zinc, cuivre), détergents et résidus de pneus entrent explicitement dans ce périmètre.

Le séparateur d'hydrocarbures : obligation légale, pas option

L'installation d'un séparateur d'hydrocarbures (ou débourbeur-déshuileur) est obligatoire pour toute station de lavage, quelle que soit sa taille. La norme applicable est la NF EN 858-1 (séparateurs à hydrocarbures légers). Le non-respect de cette obligation expose à la fermeture administrative immédiate.

ObligationFréquenceNorme / texteDocument à conserver
Entretien et vidange du séparateurTous les 6 moisNF EN 858-1 · Arrêté ICPE 2930Bon de vidange + bordereau BSDA
Contrôle visuel du niveau de bouesMensuelPrescriptions générales ICPERegistre d'exploitation
Vérification du bon fonctionnementTrimestrielNF EN 858-2Fiche de vérification
Analyses des rejets (eaux traitées)AnnuelArrêté du 2 février 1998Rapport d'analyses accrédité
Contrôle par organisme tiers agrééTous les 5 ansArt. L. 512-11 Code EnvironnementRapport de contrôle ICPE
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Les boues : un déchet classéLes boues extraites du séparateur sont classées comme déchets dangereux (code 13 05 02* selon la liste européenne des déchets). Leur élimination doit obligatoirement être confiée à un prestataire agréé et tracée par un bordereau de suivi de déchet dangereux (BSDA), à conserver 5 ans.

Le recyclage d'eau : obligation en période de restriction, atout permanent

Depuis les arrêtés sécheresse de 2022-2023, de nombreuses préfectures font explicitement la distinction entre stations avec et sans recyclage. Les station de lavages équipées d'un système de recyclage homologué (taux ≥ 70 %) bénéficient d'une dérogation leur permettant de rester ouvertes en niveau "Alerte renforcée" et parfois "Crise".

Le recyclage réduit aussi les obligations de rejetAvec un circuit fermé, les volumes d'eaux usées rejetés diminuent de 80 à 95 %. Cela simplifie les autorisations de déversement, réduit les redevances d'assainissement et facilite les contrôles ICPE annuels.

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Urbanisme, bruit et règlements de voisinage

Permis de construire et conformité du terrain

Une station de lavage constitue une construction soumise à permis de construire (art. L. 421-1 du Code de l'Urbanisme) dès lors que la surface de plancher dépasse 20 m² ou que des travaux de génie civil sont réalisés. Le terrain doit être situé dans une zone compatible avec l'activité industrielle ou commerciale selon le Plan Local d'Urbanisme (PLU) de la commune.

  • Zone UI ou UX (industrielle/commerciale) — activité autorisée de plein droit
  • Zone UA ou UB (urbaine mixte) — activité soumise à conditions particulières selon le règlement de zone
  • Zone A ou N (agricole/naturelle) — activité en général interdite, sauf dérogation préfectorale
  • Voirie et accès — le règlement de voirie impose des largeurs minimales d'entrée/sortie et des distances par rapport aux intersections (art. R. 111-5 Code de l'Urbanisme)

Réglementation des nuisances sonores

Les stations de lavage sont soumises à la réglementation des bruits de voisinage (décret n° 2006-1099 du 31 août 2006, codifié aux articles R. 1334-30 à R. 1334-37 du Code de la Santé Publique).

PériodeÉmergence maximale autoriséeNiveau sonore max. à la limite de propriété
Jour (7h – 22h)+5 dB(A) par rapport au bruit ambiant70 dB(A)
Nuit (22h – 7h)+3 dB(A) par rapport au bruit ambiant60 dB(A)
Zones résidentielles sensiblesDes restrictions supplémentaires peuvent être fixées par arrêté municipal
Réglementation horaires

Il n'existe pas d'horaires nationaux imposés aux stations de lavage. Ce sont les arrêtés municipaux qui fixent les plages d'ouverture autorisées, notamment en zones résidentielles. En pratique, la plupart des communes limitent l'activité à 7h – 22h en semaine, avec des restrictions supplémentaires le dimanche. Vérifiez systématiquement l'arrêté municipal avant d'afficher vos horaires.

Fiscalité, affichage obligatoire et accessibilité PMR

Obligations fiscales et commerciales

ObligationTexte applicableDétail pratique
TVA sur prestationsArt. 256 CGITVA à 20% sur l'ensemble des prestations de lavage. Déclaration mensuelle ou trimestrielle selon le régime.
Affichage des prixArrêté du 3 décembre 1987 + art. L. 112-1 Code Conso.Prix TTC visibles avant engagement, affichés à l'entrée de chaque piste. Taille minimale : caractères de 5 mm de hauteur.
Affichage des consignes de sécuritéPrescriptions générales ICPE 2930Consignes d'utilisation, interdiction de fumer, consignes en cas d'incendie — obligatoirement affichées en zone de lavage.
Redevance d'assainissementArt. L. 2224-12-2 CGCTCalculée sur le volume d'eau prélevé au réseau. Réductible si système de recyclage homologué installé.
Taxe foncière + CFEArt. 1447 et suivants CGIDues sur les locaux et équipements. Possibilité d'exonération temporaire en zone franche ou ZRR.
Registre des déchetsArt. R. 541-43 Code EnvironnementRegistre chronologique des déchets produits (boues, emballages produits chimiques) à tenir à jour et à conserver 3 ans.

Accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR)

Les établissements recevant du public (ERP) de type "commerce" — catégorie dans laquelle se classe une station de lavage avec personnel ou borne de paiement — sont soumis aux obligations d'accessibilité PMR depuis la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 et ses décrets d'application.

ÉlémentNorme PMR applicableExigence minimale
Cheminement extérieurArt. 2 Arrêté du 20 avril 2017Largeur ≥ 1,40 m, pente ≤ 5%, revêtement non glissant
Borne de paiement / monnayeurArt. 11 Arrêté du 20 avril 2017Hauteur de l'interface : 0,90 m à 1,30 m du sol ; espace d'approche latéral ≥ 0,80 m
SignalétiqueArt. 17 Arrêté du 20 avril 2017Caractères ≥ 14 points, contraste minimum 70%, pictogrammes normés
Place de stationnement PMRArt. R. 111-18-8 Code Construction1 place PMR pour 50 places de stationnement ; dimensions : 3,30 m × 5 m minimum
Registre d'accessibilitéDécret n° 2017-431Document récapitulant le niveau d'accessibilité, tenu à disposition des usagers
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Agenda d'Accessibilité Programmée (Ad'AP)Si votre établissement n'est pas encore aux normes PMR, un Ad'AP peut être déposé en préfecture pour planifier les travaux sur 3 à 9 ans selon la catégorie de l'ERP. L'absence d'Ad'AP pour un établissement non conforme est passible d'une amende de 45 000 €.

Focus poids lourds : réglementation spécifique

Les stations de lavage dédiées aux poids lourds, VUL et engins de chantier sont soumises à des contraintes renforcées en raison des volumes d'eau plus importants et des polluants spécifiques (huiles lourdes, boues de chantier, produits chimiques industriels).

Seuils ICPE spécifiques aux poids lourds

Le lavage de véhicules lourds (PL, engins, autocars) est soumis à la rubrique ICPE 2930 mais avec des seuils d'activité généralement abaissés par rapport aux stations VL, en raison des volumes traités par unité. La plupart des installations de lavage PL se trouvent directement en régime d'Enregistrement ou d'Autorisation.

ObligationLavage VLLavage PL / Engins
Séparateur d'hydrocarburesObligatoireObligatoire — capacité renforcée
Pré-traitement des eauxDébourbeur seul suffisant si faible volumeDébourbeur + neutralisation pH obligatoires
Qualité des rejets (hydrocarbures)< 10 mg/L< 5 mg/L (réseau) · < 1 mg/L (milieu naturel)
Registre d'entretien séparateurTous les 6 moisTous les 3 mois
Analyses des eaux traitéesAnnuelSemestriel
Recyclage des eauxRecommandé fortementQuasi-systématique en Enregistrement/Autorisation

Réglementation complémentaire poids lourds

  • Rejet en réseau industriel — Une convention de déversement spécifique PL doit être négociée avec le gestionnaire du réseau, intégrant les paramètres DCO, MES et métaux lourds spécifiques (nickel, chrome des dépôts de chantier).
  • Traitement des eaux pour rejet en milieu naturel — Autorisation préfectorale distincte obligatoire, avec résultats d'analyses trimestriels certifiés par un laboratoire accrédité COFRAC.
  • Récupération des eaux de pluie — Pour les grandes aires de lavage PL (> 500 m²), la récupération des eaux de pluie de toiture est réglementée par l'arrêté du 21 août 2008, avec obligation de traitement avant usage non domestique.
  • Normes de qualité des eaux usées — La directive européenne 2000/60/CE (Directive Cadre sur l'Eau) fixe les objectifs de bon état chimique des masses d'eau, auxquels les rejets PL doivent se conformer.
  • Plan de circulation — Les stations PL nécessitent un plan de circulation validé par les services de voirie, garantissant le passage des gabarits lourds et la sécurité des manœuvres.

Sanctions et contrôles : ce que risque un exploitant

Contravention (art. R. 216-9)
1 500 €
Non-respect des prescriptions générales d'une installation déclarée (ex : registre non tenu, affichage manquant)
Amende pénale (art. L. 514-11)
75 000 €
Exploitation sans déclaration ou autorisation, non-respect d'une mise en demeure préfectorale, rejet non autorisé d'eaux usées
Peine d'emprisonnement
2 ans
Délit caractérisé : exploitation malgré arrêté de fermeture, pollution grave du milieu aquatique (art. L. 216-6 Code Environnement)

Qui contrôle et comment ?

OrganismeType de contrôleFréquencePouvoir
Inspection ICPE (DREAL/DRIEAT)Inspection générale de conformitéVariable (1× / 3 à 7 ans)Mise en demeure, suspension d'activité, PV pénal
Organisme de contrôle agrééContrôle périodique ICPE régime DTous les 5 ansRapport transmis à la préfecture
OFB (Office Français de la Biodiversité)Police de l'eau et des milieux aquatiquesInopinéePV, saisie, mise en demeure immédiate
Police municipale / MairieNuisances sonores, non-respect des arrêtésSur plainte / inopinéeAmende jusqu'à 450 €, fermeture temporaire
Direction DGCCRFAffichage des prix, conformité commercialeSur plainte ou campagne nationaleAmende jusqu'à 15 000 €
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Le risque assurance : point aveugle souvent ignoréEn cas de sinistre (accident, incendie, pollution) survenu pendant une période où l'installation n'est pas en conformité avec son régime ICPE, l'assureur peut refuser de couvrir le sinistre pour activité illégale. La conformité réglementaire n'est pas seulement une obligation légale — c'est une condition de votre couverture d'assurance professionnelle.

Calendrier des obligations réglementaires

Un récapitulatif visuel de toutes les échéances à ne pas manquer pour rester en conformité toute l'année.

Fréquence
Quotidien
Vérification visuelle du niveau de boues et bon fonctionnement du séparateur
Contrôle des niveaux de produits (détergents, produits de traitement)
Relevé du compteur d'eau (bonne pratique recommandée)
Fréquence
Mensuel
Mise à jour du registre d'exploitation (consommations eau, incidents, déchets)
Contrôle visuel du séparateur d'hydrocarbures (niveau d'accumulation)
Vérification de l'affichage PMR, des consignes de sécurité et des prix
Fréquence
Trimestriel
Vérification du bon fonctionnement du séparateur (NF EN 858-2)
Contrôle du système de recyclage d'eau (filtres, membranes, bio-cuves)
Nettoyage des grilles et caniveaux de collecte des eaux
Fréquence
Semestriel
Vidange obligatoire du séparateur d'hydrocarbures (NF EN 858-1) — par prestataire agréé
Émission du bordereau de suivi de déchet dangereux (BSDA) à conserver 5 ans
Vérification de la conformité des équipements électriques (NF C 15-100)
Fréquence
Annuel
Analyses des eaux traitées par laboratoire accrédité COFRAC (paramètres : MES, DCO, hydrocarbures totaux, métaux lourds)
Mise à jour du registre des déchets et transmission à la préfecture si demandé
Révision du contrat d'assurance professionnelle (vérification des clauses ICPE)
Fréquence
Tous les 5 ans
Contrôle périodique ICPE obligatoire (régime Déclaration) par organisme agréé — rapport transmis à la préfecture
Révision du plan d'urgence et des consignes d'incendie
Audit de conformité PMR complet

Auto-diagnostic de conformité

Cochez chaque point pour évaluer votre niveau de conformité. Ce tableau peut être imprimé et utilisé comme outil de suivi mensuel.

Checklist de conformité réglementaire 0 / 20 points
Administratif & ICPE
Mon dossier ICPE est déposé et le récépissé de déclaration (ou l'arrêté d'autorisation) est affiché sur le siteArt. L. 512-8 Code Environnement
J'ai une autorisation de déversement délivrée par la mairie ou le syndicat des eauxArt. L. 1331-10 Code Santé Publique
Mon assurance RC professionnelle est à jour et couvre explicitement l'exploitation ICPEVérifier les exclusions liées à l'activité classée
Le dernier rapport de contrôle périodique ICPE (≤ 5 ans) est disponible sur site
Eau & séparateur d'hydrocarbures
Mon séparateur d'hydrocarbures est conforme NF EN 858-1 et dimensionné pour mon activité
La dernière vidange du séparateur date de moins de 6 mois et le BSDA est archivéObligation semestrielle — NF EN 858-1
Le registre d'entretien du séparateur est tenu à jour et accessible aux inspecteurs
Les dernières analyses des eaux traitées (≤ 1 an) sont archivées — laboratoire accrédité COFRAC
Mon registre des déchets dangereux (boues, emballages) est à jour et conservé depuis ≥ 3 ansArt. R. 541-43 Code Environnement
Urbanisme, bruit & sécurité
Le permis de construire a bien été obtenu et les travaux sont conformes aux plans déposés
Les horaires d'ouverture respectent l'arrêté municipal en vigueur dans ma commune
Les consignes de sécurité, d'incendie et d'évacuation sont affichées de manière visiblePrescriptions générales ICPE 2930
Un extincteur adapté (eau + CO²) est présent et vérifié dans l'année écoulée
Affichage, fiscalité & PMR
Les prix TTC de toutes les prestations sont affichés de manière visible avant engagement du clientArrêté du 3 décembre 1987
Mon registre d'accessibilité PMR est tenu à jour et disponible sur demandeDécret n° 2017-431
La borne de paiement est accessible PMR (hauteur 0,90 – 1,30 m, espace d'approche latéral)
Une place de stationnement PMR est matérialisée si le parking compte plus de 50 places
Sécheresse & recyclage
Je consulte régulièrement VigiEau pour connaître le niveau d'alerte de mon départementpropluvia.developpement-durable.gouv.fr
Mon système de recyclage est homologué et son taux (≥ 70%) peut être justifié sur présentation d'un document technique
Le niveau d'alerte en vigueur est affiché à l'entrée de la station (obligation légale d'information)

Questions fréquentes sur la réglementation

Oui. Toute station de lavage est soumise à la réglementation ICPE rubrique 2930. Selon votre volume d'activité, vous devez déposer une déclaration (moins de 150 véhicules/jour), un dossier d'enregistrement (150 à 500 véhicules/jour) ou une demande d'autorisation (plus de 500 véhicules/jour) en préfecture, avant même le début des travaux. Un permis de construire est également requis dans la quasi-totalité des cas.
La vidange du séparateur d'hydrocarbures est obligatoire tous les 6 mois selon la norme NF EN 858-1, quel que soit le niveau de remplissage. Cette opération doit être réalisée par un prestataire agréé, et un bordereau BSDA (bordereau de suivi de déchet dangereux) doit être émis et conservé 5 ans. Pour les stations de lavage poids lourds, cette fréquence est ramenée à tous les 3 mois.
Il n'existe pas d'horaires nationaux imposés. Ce sont les arrêtés municipaux qui fixent les plages d'ouverture, généralement 7h–22h en semaine avec des restrictions le dimanche et les jours fériés en zones résidentielles. La réglementation sur les nuisances sonores (décret n° 2006-1099) impose une émergence maximale de +5 dB(A) le jour et +3 dB(A) la nuit par rapport au bruit ambiant. Vérifiez toujours l'arrêté spécifique de votre commune avant d'afficher vos horaires.
Les étapes clés sont : (1) vérification de la compatibilité du terrain avec le PLU, (2) obtention du permis de construire, (3) dépôt du dossier ICPE en préfecture, (4) obtention de l'autorisation de déversement des eaux usées, (5) immatriculation de la société, (6) souscription de l'assurance professionnelle. Le délai total va de 3 à 18 mois selon le régime ICPE applicable. Une consultation préalable de la DREAL est fortement recommandée.
Le recyclage n'est pas obligatoire en dehors des périodes de restriction, mais il devient de facto incontournable sous plusieurs angles : (1) en période de sécheresse (niveau Alerte renforcée ou Crise), les stations sans recyclage peuvent être contraintes à fermer par arrêté préfectoral ; (2) pour les stations en régime Enregistrement ou Autorisation, les prescriptions individuelles imposent souvent des taux de recyclage minimum ; (3) il réduit considérablement les obligations de traitement des eaux usées et facilite les contrôles ICPE.
Les stations PL sont soumises aux mêmes textes de base (ICPE 2930, NF EN 858-1) mais avec des contraintes renforcées : seuils de rejet plus stricts (hydrocarbures < 5 mg/L au lieu de 10 mg/L), vidange semestrielle réduite à 3 mois, obligation quasi-systématique d'un système de pré-traitement (débourbeur + neutralisation pH), et analyses des rejets semestrielles. La plupart des installations PL se trouvent en régime Enregistrement ou Autorisation dès l'ouverture.
Les sanctions varient selon la gravité : 1 500 € pour une simple contravention (registre non tenu, affichage manquant) ; jusqu'à 75 000 € d'amende pénale pour exploitation sans autorisation ou rejet non autorisé ; jusqu'à 2 ans d'emprisonnement pour délit caractérisé (exploitation malgré arrêté de fermeture, pollution grave). À ces sanctions s'ajoute le risque de non-couverture par l'assurance professionnelle en cas de sinistre survenu pendant une période de non-conformité.

La conformité : une protection, pas une contrainte

La réglementation des stations de lavage est dense, mais elle suit une logique cohérente : protéger l'eau, les riverains et les exploitants eux-mêmes. Un gérant en règle n'a rien à redouter d'une inspection — et peut même en faire un argument commercial auprès de ses clients professionnels (flottes B2B, collectivités).

Équiper sa station d'un système de recyclage homologué comme le BioClassic® System simplifie la majorité des obligations : moins d'eaux usées = moins de contraintes de rejet, autorisation de déversement allégée, dérogation sécheresse, et subventions Agences de l'Eau pouvant couvrir jusqu'à 50% de l'investissement.

Sources & références légales
Code de l'Environnement — ICPE, art. L. 512-1 à L. 512-21 Arrêté ICPE du 2 février 1998 (modifié 2017) Décret n° 2010-369 — Nomenclature ICPE 2930 Norme NF EN 858-1 (séparateurs d'hydrocarbures) Art. L. 1331-10 Code de la Santé Publique Art. R. 211-60 Code de l'Environnement Décret n° 2006-1099 (nuisances sonores) Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 (PMR) Arrêté du 20 avril 2017 (accessibilité ERP) Décret n° 2021-795 (restrictions sécheresse) Directive 2000/60/CE (Cadre Eau)